10 métiers pour le monde durable et solidaire de demain

JULIEN VIDAL, photo par Manuel Vitali / Direction de la Communication
Rédigé par

Julien Vidal

Après avoir travaillé dans la solidarité internationale, Julien Vidal a lancé le mouvement Ça commence par moi (cacommenceparmoi.org) pour s’attaquer, en France, directement aux causes des dérèglements des éco-systèmes.

Dis-moi ton métier et je te dirai qui tu es

« Et toi, tu fais quoi dans la vie ? » Cette question, on y a répondu des dizaines de fois et dans la majorité des cas, on répond en détaillant notre situation professionnelle. Avec plus ou moins de fierté, nous voilà lancé dans l’exercice de raconter notre emploi actuel, ou pire, notre absence d’emploi. Car en France, comme dans de nombreux autres pays dans le monde, notre métier est une composante essentielle de notre identité. Le « je pense donc je suis » a laissé la place à « je travaille donc j’existe ». Et c’est tout le système qui impose/légitime/organise (rayer les mentions inutiles) notre existence autour de notre capacité à produire de la richesse par le travail pour contenter l’indicateur de réussite de nos sociétés occidentales : le PIB !

Pourtant, il y a des dizaines de manières de répondre à cette question : « je suis passionné.e de… », « je suis membre d’une famille qui… », « j’agis tous les jours pour défendre les… », « je participe dans mon quartier à créer du… », « je fais partie d’un collectif pour… », « j’explore ma vie intérieure en… », « je cherche à répondre à cette grande question qui… », « je me mets au service de ces personnes qui… », « je m’entraîne régulièrement pour… », etc.

Bien qu'il existe un consensus de plus en plus établi sur le fait que notre société exerce une pression insoutenable sur la planète, notre tendance à placer notre carrière au-dessus de tout est un frein majeur au changement. Changement ? Bien sûr, mais vers quoi ? Et puis comment donner plus de place aux autres moments de notre vie pour sortir de cette roue de hamster dans laquelle nous courons toutes et tous, trop souvent sans but jusqu’à nous épuiser ?

Bien sûr, il va nous falloir du temps pour redonner à nos carrières professionnelles une place moins omniprésente. Pour autant, je suis persuadé que le premier pas consiste à redonner du sens à toutes ces heures que nous passons au “boulot”. Comment ? En prenant le temps de s’écouter sincèrement pour aller vers un métier qui nous fera réellement vibrer, tout en contribuant à la construction des mondes de demain.

Mais quels sont les métiers de la société durable et solidaire de demain ? Prenez quelques instants et essayez de répondre à cette question… le risque est grand d’être perdu quelque part dans un grand vide, qui s’étend entre les métiers d’agriculteur.rice.s et ceux de consultant.e.s en transformation écologique de nos entreprises. C’est en tout cas une sensation de frustration (et de peur) que j’ai ressentie la première fois que je me suis posé la question de ma réorientation professionnelle.

Les exemples inspirants sont tout autour de nous

Pourtant, quelques années plus tard, je peux aujourd’hui dire avec certitude qu’il existe un éventail des possibles absolument enthousiasmant dès qu’on parle de nos futurs labeurs. Et surtout, que tout le monde peut trouver sa place ! Une nouvelle orientation plus alignée avec nos valeurs, nos talents, nos besoins et qui nous permettra, chaque jour, de grandir en tant qu’être humain et de sentir qu’on contribue à quelque chose qui nous dépasse.

Ce qui me rassure, c’est qu’il y tout autour de nous des personnes qui vivent ces utopies réalistes et ont osé, dès aujourd’hui, exercer les métiers quasiment inconnus qui se démocratiseront dans les prochaines années.

Il y a par exemple Jean-Jacques, qui est Maître composteur et œuvre chaque jour à ce que les gens perçoivent les déchets organiques comme une ressource, en installant et en animant des composteurs de quartier en bas d’immeuble.

Il y a aussi Marianne, qui est professeure de méditation et qui accompagne celles et ceux qui sentent que leur vie intérieure mérite d’être explorée et développée pour avoir une existence plus heureuse et plus alignée.

Hubert, lui, est un artisan-upcycleur qui redonne une seconde vie à vos pneus de vélo en les transformant en de belles ceintures. L’occasion de permettre à des personnes éloignées de l’emploi de remettre le pied à l’étrier et de changer notre perception des déchets.

Toujours dans la thématique des déchets, Joanne a créé une structure pour revaloriser les quantités extraordinaires de matériaux gâchés par le secteur du BTP. Par son expérience fructueuse, elle montre que les villes ont tout intérêt à encourager le travail des valoristes qui réduisent les volumes jetés tout en redynamisant le tissu économique local.

Laura-Jane nage à contre-courant de son milieu : elle est journaliste de solutions et chaque jour, elle donne à voir les initiatives et les personnes qui ont décidé de se retrousser les manches et d’agir plutôt que de se laisser aller au fatalisme ambiant.

Aneta, elle, a décidé d’ouvrir son magasin « vraiment » zéro déchet pour proposer à ses clients des produits de qualité, locaux qui permettent de rétribuer justement les producteurs tout en épargnant au maximum la planète.

Ophélie œuvre de son côté à la végétalisation de nos villes en tant qu’agricultrice urbaine. Elle conseille et forme les citadins pour qu’ils aient la main verte et reverdissent la ville de manière ludique et spontanée.

En province, Florian a réussi le tour de force de réimplanter sur le territoire les savoir-faire oubliés pour fabriquer une montre 100% française. Il est un patron fier de développer le Made in France dans sa filière. Une magnifique occasion de relocaliser les emplois dans notre territoire mais aussi de limiter les déplacements des différents composants de nos objets, qui peuvent parfois faire plusieurs fois le tour du monde avant d’arriver dans nos boutiques.

Eva n’a peur de rien. Elle est en train de prouver qu’on peut faire de la finance éthique en permettant aux individus de mettre leur épargne à disposition des entreprises engagées qui ont besoin de fonds pour développer leur activité.

Aurélie est une pionnière : elle démontre qu’on peut créer de nouveaux logements sans avoir besoin d’une goutte de béton grâce à son village de Tiny House (des petites maisons en bois construites sur des plateformes mobiles) qui accueille des personnes désireuses de vivre la simplicité volontaire au quotidien.

Vous l’aurez compris, je pourrais continuer comme ça pendant des pages et des pages. Mais ce n’est pas la peine, car vous savez désormais que si vous ne vous épanouissez pas dans votre métier, d’autres options existent. Alors n’attendez plus, car changer d’orientation professionnelle permet de transformer radicalement nos modes de vie à tou.te.s, tout en remettant le sens et le bonheur au cœur de nos vies à nous !



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