Opinion

Le développement durable ne nous sauvera pas. Notre futur dépend de la régénération.

RÉDIGÉ PAR

Wolfgang & Joshi

Wolfgang est le COO d'Ecosia et Joshi en est le responsable éditorial. Ils aiment tous les deux beaucoup la planète.

Ces dernières années, les marques font de plus en plus de promesses quant à leur impact sur l'environnement. Elles déclarent vouloir atteindre la « neutralité carbone » d'ici 2030. Elles disent utiliser de l'énergie verte et planter des arbres.

On a tendance à les croire, ou en tout cas on en a envie. On a envie de vivre dans un monde où ces promesses sont tenues. Les marques et leurs agences de communication le savent bien, elles l'exploitent même.

En réalité, seules quelques marques sont en bon chemin pour atteindre leurs objectifs. Le fossé entre les promesses des entreprises et leurs véritables engagements est plus profond que jamais.

Mais partons du principe que ces sociétés veulent réellement tenir leur parole. Partons du principe qu'elles arriveront à atteindre leurs objectifs. Doit-on se sentir soulagé ?

Pas vraiment. Car la plupart de ces déclarations ne sont pas aussi ambitieuses qu'elles le paraissent et s'apparentent souvent à du greenwashing. Par exemple, on peut se dire « neutre en carbone » tout en causant des émissions toxiques et en les compensant avec des crédits carbone peu coûteux et inefficaces. De même, on peut dire qu'on plante des arbres tout en soutenant les monocultures nocives plutôt que de planter des forêts riches en biodiversité. En s'acquittant d'une petite somme, les entreprises (même celles qui produisent des énergies fossiles) peuvent se dire « vertes » et « neutres en carbone » sans changer leurs pratiques polluantes.

Les arbres que nous avons plantés en 2020 absorberont 3,41 millions de tonnes de CO2.

Alors, comment faire pour éviter l'effondrement climatique en gardant les températures mondiales en dessous des 2°C supplémentaires ?

La réponse est simple : tant que les entreprises et les États n'auront pas réellement atteint la neutralité climatique, de notre côté, nous devrons faire plus qu'être simplement neutres. Réfléchissez-y : même si, par miracle, 50 % de toutes les entreprises atteignaient vraiment la neutralité climatique, on ne pourrait pas être véritablement neutres à l'échelle mondiale, puisque l'autre moitié des entreprises continuerait de polluer. Nous ne pouvons pas nous permettre d'attendre que chaque entreprise fasse sa part. Nous manquons de temps.

Étant donné la sévérité de la crise, la « neutralité climatique » et le « développement durable » sont à présent des objectifs inadaptés. Ils ne nous sauveront pas. Lorsque les entreprises nous promettent qu'elles seront « neutres » d'ici 2040, nous ne devrions pas nous en satisfaire. Au contraire, nous devrions nous en inquiéter.

C'est cette idée qui nous a poussés à devenir une entreprise régénératrice plutôt que de viser la neutralité climatique. Ecosia ne fonctionne pas à 100 % d'énergie renouvelable, mais à 200 %. Nous produisons non seulement assez d'énergie solaire pour alimenter toutes nos recherches, mais nous en produisons même deux fois plus. Le bilan carbone d'Ecosia n'est pas neutre, mais négatif : grâce aux arbres que nous plantons et protégeons, nous absorbons bien plus de CO2 que nous en émettons.

Quelques-uns de nos panneaux solaires à Aue, en Allemagne. En 2020, nous avons investi environ 5 millions d'euros pour construire des centrales solaires.

Nous venons de publier notre rapport sur la régénération pour l'année 2020. Nous y examinons en profondeur ce que la régénération signifie. Dans ce rapport, qui a été audité par ClimatePartner, nous nous penchons sur combien de CO2 nous avons émis en 2020, combien nous en avons absorbé et combien d'émissions nous avons évité (spoiler : 10 000 fois plus). Nous y parlons aussi des centrales solaires que nous avons construites et de certains de nos investissements verts. Vous pouvez lire le rapport dans son intégralité ici.

En 2020, Ecosia a fonctionné à 335 % d'énergie renouvelable et a planté plus de 30 millions d'arbres. En moyenne, chaque recherche Ecosia absorbe 1 kg de CO2.

Nous espérons que notre rapport incitera d'autres organisations à réfléchir différemment. Les entreprises progressistes comme Ecosia ne devraient pas seulement arrêter de faire partie du problème. Elles doivent faire partie de la solution. Si d'autres entreprises deviennent régénératrices comme nous, si elles commencent à fonctionner avec plus de 100 % d'énergie renouvelable, alors nous n'aurons plus besoin d'attendre que tout le monde atteigne vraiment la neutralité climatique.

Changeons de modèle : la neutralité, c'est fini. Il faut penser en termes de régénération.



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