Comment les arbres luttent contre la pauvreté

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Plusieurs d’entre vous nous ont demandé pourquoi nous ne venions pas en aide aux populations vulnérables plutôt que de planter des arbres. Heureusement, nous n’avons jamais eu à faire de choix entre les deux. Bien que cela ne semble pas évident au premier abord, il existe en réalité un lien étroit entre la reforestation et le soutien aux populations vulnérables. La Banque mondiale estime en effet que les les forêts contribuent à générer les revenus nécessaires à la survie d’au moins 90 pour cent des 1,2 milliards de personnes en situation d’extrême pauvreté.[1] Nous vous en expliquons la raison ci-dessous en quatre points.

1. L’agriculture

En s’enfonçant profondément dans la terre, les racines des arbres font remonter l’eau des nappes phréatiques, la nettoient et la laissent s’évaporer à travers leur feuillage. Cette humidité s’accumule dans les nuages avant de retourner sur terre sous forme de pluie. Sans ce cycle essentiel, l’agriculture n’existerait pas.

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L’agriculture dépend également de la bonne santé du sol, que les arbres protègent de l’érosion. Les arbres régulent la température de l’air et de la terre, et apportent l’humidité dont les cultures ont besoin. Ils préviennent la salinisation des sols, protègent les cultures des vents violents et produisent des nutriments pour tout ce qui pousse autour d’eux. En offrant un habitat aux abeilles et à d’autres animaux pollinisateurs, ils contribuent également à la fertilisation des cultures.

L'agroforesterie joue un rôle important dans tous nos programmes de plantation. Avant la mise en œuvre de notre programme au Burkina Faso, par exemple, les communautés locales subissaient les conséquences de terres toujours plus arides sur lesquelles il était pratiquement impossible de faire pousser quoi que ce soit. Cependant, dès que les habitants des villages se sont mis à planter des arbres à l’aide de la technique Vallerani et à entourer les jeunes arbres de plantes, le sol a commencé à se ramollir. Lorsque nous avons visité le site du projet en octobre dernier, nous avons eu une occasion supplémentaire de nous réjouir : il a plu.

2. Les produits de la forêt

La forêt offre une multitude de produits aux êtres humains qui l’habitent, qu’il s’agisse de fruits à coque ou de baies, de champignons, d’herbes et d’épices ou encore de biocarburant, de gommes, d’huiles, de liège, de tourbe et de caoutchouc. Au Pérou, où nous soutenons le programme de reforestation de Pur Projet, ces produits de la forêt génèrent un revenu net par hectare plus élevé que ne le permettrait la récolte du bois. [2]

La valeur de ces produits de la forêt, une fois transformés, est démultipliée. C’est la raison pour laquelle nous soutenons actuellement en Indonésie la Fondation Gunung Saran Lester. Notre objectif commun est de construire l’usine de traitement de fruits à coque zéro-déchet Tengkawang, qui offre une alternative durable à la production d’huile de palme. Une deuxième partie du projet se concentrera sur la mise en place du Village Hub communautaire, qui produit un précieux sirop de sucre. Le fait de pouvoir mettre ces produits à la vente signifie que les communautés pauvres ne se verront plus obligées de vendre leurs terres aux multinationales productrices d’huile de palme.

3. L’adaptation au changement climatique

Les communautés pauvres sont les plus durement affectées par le changement climatique, bien qu’elles soient celles qui y contribuent le moins. L'imprévisibilité des précipitations, les vagues de chaleur et les cyclones qui sont causés par le réchauffement de notre planète ont un effet dévastateur sur les cultures et les revenus de ceux qui n’ont pas les moyens de se protéger face à ce type de phénomène.

Tout le monde s’accorde à dire que planter des arbres contribue à atténuer le changement climatique. Pendant leur croissance, les arbres absorbent le dioxyde de carbone de l’air et rejettent à la place de l’oxygène, la monnaie commune à toute forme de vie. Mais ce n’est pas tout: les arbres aident également les agriculteurs à s’adapter au changement climatique à une échelle plus locale. Entourer un champ d’arbres permet de créer un microclimat qui protège les cultures des pluies irrégulières et des gros écarts de température.

Ce superpouvoir des arbres consistant à former une zone tampon climatique s’est clairement illustré sur notre site de plantation d’arbres de la région de San Martin au Pérou qui a subi une déforestation massive dans les années 80. Avant que des arbres ne commencent à être plantés, la récolte locale de cacao se voyait affectée par des conditions météorologiques imprévisibles et un manque d’ombrage. Aujourd’hui, les champs de cacao sont progressivement entourés d’arbres tels que le Pino Chuncho, le Cedro Rosado et de nombreux autres arbres permettant d’offrir de l’ombre. Cela a permis de commencer à améliorer l’état des productions de cacao, qui constituent la seule source de revenus de nombreux agriculteurs.

4. Les salaires générés par la plantation des arbres

Les projets de reforestation que nous soutenons permettent également de réduire la pauvreté de façon très directe: en versant aux locaux un salaire équitable pour leur travail de plantation d’arbres, quel que soit leur sexe ou leur statut social. Favoriser la participation active des communautés locales est essentiel, non seulement à l’intégrité éthique de nos projets mais aussi à leur succès à long terme.

Notre programme de reforestation mené par Eden Projects à Madagascar, l’un des pays les plus pauvres au monde, se concentre volontairement sur une région dans laquelle les emplois stables et les employeurs fiables sont rares. Les revenus que perçoivent les habitants des villages environnants pour travailler sur le projet les a aidés à s’extraire du cercle vicieux de la pauvreté en leur permettant d’acheter des terres, d’améliorer leur santé et d’envoyer leurs enfants à l’école.

Ainsi, en utilisant Ecosia pour financer la plantation d’arbres, vous ne vous contentez pas de faire un geste pour l’environnement. Vous contribuez également à faire germer un futur plus sain et plus sûr pour ceux qui en ont le plus besoin.


  1. World Bank ↩︎

  2. Nature volume 339, p. 655–656 ↩︎